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| Maison de la géographie de Montréal | |||||
Lieu et date : à venir
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L’Afrique des Prix Nobel. L’aube d’un renouveau Janvier 2012. Deux importants dossiers relatifs au Rwanda remettent en scène le continent africain, sous l’angle de ce qu’il offre de pire, soit celui des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Au Canada, la déportation de Léon Mugesera, présumé complice du génocide de 1994, occupe la Une de tous médias. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est le rapport balistique des juges français Trévidic et Poux sur l’assassinat, en 1994, du président Juvénal Habyarimana, un crime considéré comme l’élément déclencheur de ce génocide. Ainsi, en 2012, comme toujours depuis la colonisation du continent africain, des rapports et des discours se succèdent sur les événements qui ont lieu en terre africaine. Ces rapports et discours en engendrent d’autres sur ce que sont les Africains, sur ce qu’ils devraient être, sur ce que font les Africains, sur ce qu’ils devraient faire, comment ils devraient le faire,…. Les auteurs de ces rapports et de ces discours se donnent ainsi pour mission de rappeler inlassablement aux Africains des « vérités essentielles » sur plein de choses fondamentales, comme nous l’a rappelé brutalement Sarkozy dans le discours moralisateur et controversé prononcé à l’Université de Dakar en 2007, lequel s’adressait spécifiquement à « l’élite de la jeunesse africaine ». Quelques Africains bien avertis, comme en témoigne l’extrait ci-après de la réaction de Mbembe (2007) dénoncent naturellement ce genre de discours. Selon Hegel en effet, l’Afrique est le pays de la substance immobile et du désordre éblouissant, joyeux et tragique de la création. Les nègres, tels nous les voyons aujourd’hui, tels ils ont toujours été. Dans l’immense énergie de l’arbitraire naturel qui les domine, ni le moment moral, ni les idées de liberté, de justice et de progrès n’ont aucune place ni statut particulier. Celui qui veut connaître les manifestations les plus épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique. Cette partie du monde n’a, à proprement parler, pas d’histoire. Ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle. » Paradoxalement, et en dépit du niveau élevé d’instruction de bon nombre d’entre eux, plusieurs Africains reprennent, répètent et agissent en fonction de ce genre de discours. Ce faisant, ils se comportent comme des « somnambules téléguidés » dans un monde dirigé par des états major en tous genres. Les remarques précédentes expliquent sans doute la raison pour laquelle les médias occidentaux qui, de toute évidence, exercent une influence notoire sur l’opinion publique internationale, ne couvrent en général l’Afrique que sous son mauvais jour ou sous l’angle folklorique. Il en va de même, comme en témoigne Lasserre (2011) , de la connaissance dite scientifique enseignée dans nos universités sur ce continent que l’on se plait à qualifier d’oublié. Comment expliquer en effet que l’un des événements récents, des plus significatifs sur ce qui se passe en terre africaine, l’octroi du prix Nobel de la paix en 2011 aux Libériennes, Ellen Johnson Sirleaf et Leymah Gbowee, ait été presque ignoré? Combien de gens savent, en Occident, et ailleurs dans le monde, qu’au cours de la dernière décennie, le continent Africain est celui qui compte le plus grand nombre de lauréats du prix Nobel de la paix, et que la presque totalité d’entre eux sont des femmes? Et si l’on se posait des questions sur ces femmes lauréates des prix Nobel de la paix et, plus globalement, sur les Africains Prix Nobel? N’y’aurait-t-il pas lieu de croire, voire d’espérer que ce genre d’information, édifiantes sur l’Afrique, devrait intéresser les producteurs de l’information et des connaissances sur le continent africain au point de les inciter à changer leur perception et leur perspective dans la manière de l’aborder et de la présenter? La réflexion proposée dans le cadre du débat sur « l’Afrique des Prix Nobel. L’aube d’un renouveau », a pour but de mettre en relief ce qui, sur le contient africain, devrait paver la voie à une relance décisive, et traduire dans les faits le souhait, ci-après, d’un dirigeant qui, bien que loin de faire l’unanimité, s’est imposé comme l’un des plus respectés du continent.
__________________________________________________________ Montréal, le 18 janvier 2012 Edith Mukakayumba, Ph.D. et Jules Lamarre, Ph.D. MBEMBE, Achille (2007), « Le président français, l’âme africaine et le continent immobile », Cellule Francafrique, http://www.cellulefrancafrique.org/Apres-le-discours-de-Sarkozy-a.html, visité le 18 janvier 2012. L’expression est du géographe, Yves Lacoste (1986), La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, Paris, Maspero, 2ème édition. LASSERRE, Frédéric (2011), « L’Afrique. Un continent mal parti? », dans KLEIN, J.-L. et LASSERRE, F. (2011), Le monde dans tous ses États. Une approche géographique, Québec, Presses de l’université du Québec, p. 551-571. KAGAME, Paul (2012), « There is nobody between us and God; we are as good as anyone else ». Allocution prononcée à l’hôtel Serena lors de « the National Leaders Prayer Breakfast organized annually by the Rwanda Leaders’ Fellowship », Office of the President, http://www.presidency.gov.rw/, visité le 18 janvier 2012. |
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